Alain Kostek a passé plus de trente ans aux côtés de patients en situation de handicap. Avec Les Bobos à la ferme, ce passionné des relations humaines met son expérience au service du vécu des jeunes aidants.
Alain a ce don rare de créer instantanément une atmosphère bienveillante et un climat de confiance. C’est d’abord en tant que kinésithérapeute qu’Alain a accompagné des personnes atteintes du locked-in syndrome, des patients douloureux chroniques ou des jeunes en situation de polyhandicap.
Entrer en contact vraiment : joindre les mots aux gestes
Dans sa pratique quotidienne, il perçoit très vite que ce qui se joue dans ces moments de proximité, va bien au-delà du corporel. « Le toucher invite à parler de soi. Les gens se livrent plus facilement. Au début je ne me sentais pas outillé face à certaines confidences, j’avais peur de mal faire » explique-t-il simplement. Animé par l’envie d’aider, il complète alors sa formation : Communication NonViolente, coaching, approches énergétiques, numérologie enrichissent aujourd’hui sa pratique.
Il y a cinq ans, Alain croise le chemin d’Elodie et Louis, et c’est tout naturellement que Les Bobos à la ferme se tourne vers lui pour accompagner un projet innovant : les séjours jeunes aidants. Le concept ? Offrir à des frères et sœurs l’expérience d’une colonie de vacances ordinaire (batailles d’oreillers comprises !) pour des jeunes extra-ordinaires. La possibilité leur est ainsi offerte d’échanger sur leur quotidien de jeunes aidants.
Se faire tout petit, vraiment ?
Durant ces séjours, en tant que praticien en relation d’aide, Alain propose des temps de parole collectifs et individuels, ainsi qu’une matinée de création artistique. Il constate à quel point les jeunes aidants banalisent ce qu’ils vivent et en minimisent la difficulté. « Ils ont souvent tendance à mettre leurs propres besoins au second plan, en disant « on ne va pas en rajouter ». Avec le risque de s’oublier.
Or, il est essentiel de légitimer leurs émotions. « Lorsque l’attention des parents est accaparée par un enfant en situation de handicap ou lorsque le quotidien est compliqué à la maison, il est normal en tant que frère ou sœur de ressentir de la jalousie, de la frustration, de la colère », explique-t-il. « Je les sensibilise à cela, et je leur donne ensuite quelques clés pour communiquer avec leurs parents autour de leurs besoins et de leurs ressentis. »
Durant les séjours, les accompagnants se mettent aussi en retrait pour laisser les ados dialoguer entre eux. Ils découvrent qu’ils vivent des expériences similaires. « Je suis content d’être venu, je me sens moins seul », glissait l’un des participants à Alain.
Cultiver la fierté
Une semaine en (relative !) autonomie, loin de la maison, permet de poser les premiers jalons « pour que ces jeunes se construisent sans s’oublier. »
Son message ? « J’aimerais leur dire de cultiver la fierté d’être qui ils sont, dans un rôle qu’ils n’ont pas choisi », confie Alain, « car ces jeunes font preuve d’une maturité incroyable. Ils méritent d’être valorisés. »
Une mission qu’Alain va continuer à mener, avec la conviction que chaque regard bienveillant peut changer une trajectoire.
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