Elodie et Louis et Andréa, Les bobos à la ferme
Parents d’une petite rousse extraordinaire, atteinte d’une maladie orpheline, nous créons dans les Hauts de France un concept touristique novateur pour tous, axé sur le bien-être et ayant vocation à devenir le 1er lieu de répit inclusif de la région pour les aidants familiaux.

Il est de ces heureux hasards comme la visite de ce corps de ferme un jour de juin 2016. « Je crois que j’ai trouvé ce que l’on cherche ». Le coup de cœur est partagé, l’amour pour la ferme est aveugle et nous en percevons de suite le potentiel, faisant fi des mises en garde répétées quant à l’ampleur des travaux
Réhabiliter les granges au plus près de leurs caractéristiques originelles pour y créer des gîtes et contribuer à leur offrir une deuxième vie, une sorte de renaissance dans l’air du temps, alliant tourisme et patrimoine. Ce sera ici. Août : nous quittons Paris. Septembre : l’acte de vente est signé.

Andréa est née le 25 juillet 2015. Entre janvier et août 2016, nous avons passé chaque mois entre 1 et 3 semaines à l’hôpital. Au rythme d’examens au noms barbares, chaque résultat était un couperet qui nous faisait plonger un peu plus. Nous avons mis fin à nos carrières et nos vies parisiennes. À situation étouffante, ville étouffante. À quotidien bouleversé, charge mentale à son paroxysme. Direction les Hauts-de-France, région d’origine de Louis, entre terre et mer: 1ère bouffée d’oxygène.

L’harmonie du lieu participe à la sérénité. Un besoin prégnant pour nous, urbains, que nous savons être partagé par beaucoup. Le slowtourisme apparaît comme une trêve qui redonne sa place au temps long, aux rencontres, à la découverte des métiers locaux, non délocalisables, et qui font la richesse de nos terr(it)oir(e)s.

Cheval, pleine lune, pas de calais, cote d'opale, les bobos à la ferme

En tant que parents d’une petite fille atteinte d’une maladie neuro-dégénérative, nous sommes quotidiennement confrontés aux difficultés liées à la fonction d’aidant familial. Constatant le manque de lieux adaptés pour nous reposer, nous construisons une solution pour rendre effectif le droit au répit pour les aidants familiaux. Depuis décembre 2017, nous organisons, en partenariat avec la Maison de l’Autonomie/ Conseil Départemental, les Rendez-vous des parents extraordinaires, moments d’échanges privilégiés entre parents.

Un des objectifs poursuivis est celui d’insuffler un peu de SIMPLICITÉ dans le quotidien des aidants. Ainsi, le temps d’un séjour de répit, poser ses valises dans un lieu préservé, où l’architecture est intégrée à l’environnement naturel, contribue à créer une tranquillité d’esprit propice et consubstantielle au lâcher-prise. Pourquoi ? Car dès lors que l’on passe la frontière du handicap – car il s’agit bien d’un monde à part – tout n’est que complexité et noeuds dans un labyrinthe anxiogène. La grange dédiée au bien-être participe à ce besoin de lâcher prise

« Les bobos à la ferme » est un projet qui se positionne comme une réponse à contre-courant: une solution inclusive et une addition de petites choses simples qui forment un tout oublié par les parents d’enfants différents.

Unique en France, cette expérimentation d’innovation et de mixité sociale est avant tout un projet familial, qui défend des objectifs ambitieux avec des moyens modestes.

La genèse en un pitch…Vous vous rappelez?

“L’histoire d’un couple qui a envie de revenir à l’essentiel et achète une ferme à rénover en Côte d’Opale (Nous, les bobos)
L’histoire de parents qui ont dû quitter leurs emplois et leur vie citadine suite à la maladie de leur enfant: notre fille est atteinte d’une maladie rare neuro-dégénérative (Elle, ses bobos)

Fabrique Aviva, Coup de coeur région hauts-de-francs, les bobos à la ferme

Juin 2018, Les Bobos à la ferme sont le “Coup de coeur régional” de La Fabrique Aviva

Vous l’aurez compris, ce projet est plus que la réhabilitation de notre habitation, plus que la création d’une activité touristique et va au-delà de la création de nos deux emplois. Même s’il est tout cela à la fois, c’est avant tout un projet de vie que nous nous construisons car nous voulons en être acteurs. Actes de résistance, actes de résilience ? Certainement un peu – beaucoup – de tout cela, mais avant tout la volonté de participer à la richesse de notre territoire tout en semant les graines du changement de regard…
changement de regard
La France est le premier pays à inscrire le droit à la déconnexion dans la loi en 2016
Le droit au répit pour les aidants apparaît pour la première fois dans les textes en 2005.

Ces droits sont jeunes mais symptomatiques d’une société qui, avant d’arriver à bout de souffle, a besoin de se ressourcer. Nous nous inscrivons pleinement dans une double réponse à ces problématiques modernes en créant un écosystème de répit pour les aidants, où tout est agréable et fluide, contrairement à leur quotidien, et un microcosme de déconnexion pour les urbains, où la nature reprend sa place centrale, le temps d’un séjour.

A lire pour aller plus loin, un article paru sur Aidant attitude qui en dit long… 

Oui mais voilà, créer un projet à deux, c’est aussi faire face à ses contradictions… car lorsque cerveau droit rencontre cerveau gauche, on se retrouve au milieu de conversations rocambolesques… E=MC2 mon, amour, non?

cerveau droit cerveau gauche
Andréa Dransart, poupée rousse extraordinaire, Les bobos à la ferme
Au-delà de ces projets, nous sommes surtout les parents d’une petite fille battante qui est un moteur indéniable pour aller de l’avant et construire plutôt que s’écrouler.
Andréa Dransart, les bobos à la ferme, le laboratoire de répit, inclusion
Une action de résilience portée par une petite fille extraordinaire-2