Il y a des lieux qui ne tiennent pas seulement par des murs, un jardin ou une programmation. Ils tiennent par des présences. Par des voix qui rassurent, des mains qui ajustent, des idées qui circulent, des élans qui se transmettent. Ce deuxième numéro de Bome raconte cela : non pas seulement un endroit, mais une communauté vivante, en mouvement, faite de personnes qui prennent soin, inventent, encouragent, accompagnent, relaient — et parfois, tout simplement, veillent.
À l’approche du printemps, quand la lumière revient et que la ferme se remet à vibrer autrement, nous avions envie de vous emmener au plus près de cette vie discrète mais essentielle. Vous entendrez la voix de familles qui ont osé s’accorder une parenthèse avec un “Séjour douceur” et qui racontent, avec leurs mots, ce que cela change de pouvoir reprendre son souffle, retrouver du temps, de la confiance, en famille. Vous lirez aussi Jérôme, lauréat des Z en or, qui rappelle qu’au cœur des tempêtes, les mots peuvent eux aussi devenir refuge, reconnaissance, appui. Et vous pousserez enfin la porte de la salle Snoezelen, cet univers d’apaisement où la relation se tisse autrement, par les sens, la présence et la délicatesse.
Qui a dit que la solidarité n’existait plus et que l’engagement était en peine ? Ce n’est pas ce que nous voyons ici. À la ferme, la communauté de bénévoles est active, fidèle, joyeuse, et ne cesse de grandir. Elle donne du temps, de l’élan, de la chaleur humaine. Elle prouve qu’un projet comme le nôtre ne tient jamais seul : il tient parce que des femmes et des hommes choisissent, concrètement, d’y prendre part.
Qui a dit que nous n’accueillions ici que des parents aidants ? Ce numéro dit exactement l’inverse. Il dit l’ouverture du lieu, sa capacité à réunir des personnes, des histoires, des fragilités et des talents qui ne se seraient peut-être jamais croisés ailleurs. Il y a des associations amies, comme Aide Familles Alzheimer, qui nous rappellent combien la nature, les odeurs, les souvenirs et les saisons peuvent rouvrir des chemins de mémoire. Il y a Teddy avec Handi’Arcade, qui transforme l’accessibilité en terrain de jeu et d’ingéniosité. Il y a Calypso avec sa Fabrique des possibles et, à travers elle, cette idée précieuse qu’une expérience de vie peut devenir une force créatrice, une inspiration, une contribution pour d’autres.
Ce numéro raconte aussi quelque chose de précieux : notre tiers-lieu ne se résume pas à un lieu d’accueil. C’est aussi un endroit où l’on se parle, où l’on se cherche, où l’on ajuste ensemble la manière de faire vivre ce projet. À travers notre premier séminaire d’équipe — dont nous vous partageons quelques éclats —, on perçoit ce qui se joue derrière le décor : la nécessité de prendre du recul, de partager un cap, de consolider ce qui nous relie pour continuer à avancer sans perdre l’essentiel. Faire grandir cette aventure sans la dénaturer, garder l’âme tout en élargissant le cercle : c’est sans doute l’un des fils rouges de ce Bome.
À l’heure où où le monde tel qu’il s’emballe pousse à l’isolement, à l’accélération, au repli, nous croyons plus que jamais à la force des lieux qui relient. À ces endroits où l’on peut venir avec sa fatigue, son courage, ses contradictions, ses enfants, ses questions, ses idées aussi. À ces endroits où l’on découvre qu’on n’est pas seul, qu’on a le droit de se poser, de demander de l’aide, de contribuer, d’imaginer plus grand.
Bome est cela pour nous : non pas une vitrine, mais une lanterne. Un carnet de bord sensible pour vous permettre de participer, même de loin, à ce qui se passe ici, et d’en sentir le pouls. Une façon de vous dire que si ce lieu tient debout, c’est parce que beaucoup de personnes y mettent un peu d’elles-mêmes : du temps, de la compétence, de la confiance, de l’argent parfois, de l’énergie souvent, de la fidélité toujours.
Alors merci d’être là. Merci à celles et ceux qui lisent, qui partagent, qui donnent, qui courent – ou marchent ! – à nos côtés, qui s’engagent comme bénévoles, qui parlent de nous autour d’eux, qui rejoignent un événement, qui poussent la porte pour la première fois. Dans ces pages, vous verrez qu’il existe mille manières de faire partie du village.
Bonne lecture — et, surtout, merci de faire vivre avec nous ce morceau de monde où l’on essaie, modestement, de mettre un peu plus de douceur, de justice et de lien dans les jours.
Elodie et Louis Dransart
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