En quatre ans, plus de 400 proches aidants ou professionnels en reconversion désireux de créer un projet similaire aux Bobos à la ferme les ont contactés. Impossible d’y répondre individuellement ! Pour accompagner cet intérêt croissant et favoriser l’essaimage de lieux de répit innovants, Elodie et Louis créent un parcours de formation ad hoc. Deux sessions ont déjà eu lieu.
Quels enseignements sont mis en avant ? Comment sont sélectionnés les participants ? Quels sont les retours reçus ? Comment s’inscrivent les engagements pris auprès de La France s’engage dans la formation ? Récit à la première personne de Louis.
« La formation dure cinq jours. On y aborde de façon concrète tous les aspects : le fonctionnement et le financement des séjours de répit, la structuration juridique, la recherche de financements, la stratégie commerciale, la communication et tout ce qui touche à l’animation d’une équipe.
Au-delà de ces enseignements « techniques », c’est notre partage d’expérience qui prime. On ne minimise pas les obstacles, au contraire : on partage toutes les galères, toutes les erreurs. Et en même temps, on transmet l’immense satisfaction que représente la réalisation d’un projet aussi fort. Le fait que la formation se déroule sur le site même des Bobos à la ferme est aussi une façon de découvrir concrètement le quotidien d’un lieu comme le nôtre.
Notre formation s’adresse en priorité aux aidants. Nous leur permettons de capitaliser sur leur expérience pour créer un lieu de répit. Cela n’empêche pas d’accueillir des professionnels en reconversion, mais l’ADN du projet reste la valorisation du parcours et des compétences des proches aidants.
Seule une dizaine d’apprenants sont retenus par session. On privilégie des gens qui ont une idée assez précise de leur projet et un certain degré d’avancement. C’est important qu’ils puissent faire le lien entre le contenu de la formation et leurs problématiques concrètes sur le terrain.
Mon souhait ? Mettre encore plus l’accent sur ce qu’est vraiment la vie d’entrepreneur social. Parce qu’il faut bien faire comprendre que se lancer dans un projet comme celui-là, c’est s’engager à 400%. On trouve beaucoup de sens et de satisfaction, mais c’est aussi un quotidien fait d’énormément de stress, d’insomnies, de répercussions sur sa vie de famille, sur sa vie de couple…
Il est très difficile de se freiner. Il faut être vigilant à ne pas s’épuiser, à se protéger, poser des limites, ne pas se mettre en danger matériellement et moralement.
Depuis notre première session, la grande majorité des participants a enclenché de nouvelles actions :
La Canopée des Possibles, un lieu de répit en Creuse, vient de recevoir une réponse favorable suite à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) de leur région : de quoi aborder sereinement les deux prochaines années.
lacanopeedespossibles.fr
L’association OMAOMA, un gîte inclusif en Normandie, a organisé plusieurs séjours adaptés cet été et propose des activités sportives adaptées très intéressantes.
omaoma-asso.fr
Les Herbes vertes, un autre projet de répit en Normandie, a organisé différents événements à destination des aidants, en attendant la restauration des bâtiments qui seront transformés en gîtes.
les-herbes-vertes.fr
La formation est la première étape de notre programme d’incubation. L’idée ? Proposer à une sélection d’apprenants un accompagnement plus poussé, individuel pendant deux ou trois ans. L’objectif est de créer une communauté de porteurs de projets et de travailler ensemble sur un plaidoyer commun à l’attention des pouvoirs publics et des financeurs.
A terme, on aimerait même créer la Fédération des lieux de répit en milieu ordinaire !
Cette stratégie d’essaimage est développée dans le cadre de notre accompagnement avec la Fondation La France s’engage, à partir de 2026.
S’il n’y a qu’une chose avec laquelle je veux que ces porteurs de projets repartent ? L’envie d’entreprendre, de créer ! Qu’ils soient fiers de ce qu’ils font, qu’ils se sentent légitimes en tant qu’aidants porteurs de projets.
Cette formation est faite PAR des aidants POUR des aidants, avec une dynamique d’horizontalité que l’on retrouve rarement dans un secteur privilégiant souvent une approche « gestionnaire » du répit. C’est une grande fierté.
Elle va contribuer à l’essaimage du projet et aider à créer, demain, sur tout le territoire, des lieux qui lutteront plus efficacement contre l’isolement et l’épuisement des aidants.
Il y aura certainement une part de bricolage parce qu’on ne rentre pas dans les cases de l’administration pour obtenir les financements. Mais ce qui me rend fier c’est d’insuffler la possibilité d’une alternative pour compléter ce qui existe en matière de répit.
Si les lieux de répit en milieu ordinaire se multiplient sur tout le territoire, on pourra vraiment avoir un poids vis-à-vis des pouvoirs publics. On ne pourra plus nous dire qu’on est trop innovant ! ».
Regarder la vidéo de sensibilisation avant de s’inscrire à la formation, découvrir les témoignages des porteurs de projets et connaître les prochaines dates de formation ?
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