Mamie Pierrette et Maëva : une histoire de liens

Aux Bobos à la ferme, Maëva est l’une des premières voix que les familles entendent lorsqu’elles préparent leur séjour. A 25 ans, elle est l’une de nos trois chargée de mission répit. Derrière son engagement professionnel se cache aussi une histoire familiale faite de solidarité, de transmission et de liens très forts.

Celle qui l’a particulièrement inspirée s’appelle Pierrette, sa mamie. A 83 ans, ancienne aide-soignante, maman de quatre enfants et grand-mère de huit petits-enfants, elle a consacré une grande partie de sa vie à prendre soin des autres. Aujourd’hui encore, les deux femmes partagent une relation singulière, construite au fil des années.

Une petite fille élevée au milieu des siens

L’histoire commence alors que Maëva n’a que huit mois. Son papa se retrouve seul pour l’élever et tous deux s’installent quelques temps chez les grands-parents de Maëva. Ce qui devait être une solution provisoire devient le point de départ d’une relation fusionnelle qui traversera les années.

Les matins avant l’école, les mercredis, les vacances scolaires, les repas partagés ou encore les années passées à vivre au-dessus de chez sa grand-mère renforcent ce lien particulier. Peu à peu, Pierrette devient bien plus qu’une mamie.

“Depuis toujours, ma mamie a occupé une place essentielle dans ma vie. Bien plus qu’une grand-mère, elle a été une véritable figure de repère, participant à mon éducation et à la transmission des valeurs qui me guident encore aujourd’hui”

Dans la famille, on prend soin des autres

Dans la famille Sauvage, prendre soin se transmet de génération en génération.

A 19 ans, Pierrette quitte sa cité minière de Calonne-Ricouart pour s’installer à Berck avec son mari atteint d’une ostéomyélite. Malgré la maladie, celui-ci devient kinésithérapeute. Plus tard, après avoir élevé ses quatre enfants et travaillé comme nourrice, Pierrette reprend ses études à 36 ans et obtient son diplôme d’aide-soignante. Tous deux exerceront à Berck, notamment dans les établissements Pasteur et Calvé.

Cette attention portée aux autres, Maëva la retrouve aussi chez son papa.

“C’était un homme profondément empathique, sensible, généreux et attentif aux personnes qui l’entouraient. Il avait cette capacité rare de penser aux autres avant lui-même.”

Puis à 11 ans, arrive Marion, petite sœur de Maëva. Diagnostiquée porteuse d’un trouble du neurodéveloppement associé au gène GRIN2B, Marion amène Maëva à découvrir très tôt les réalités vécues par les familles concernées par le handicap.

“J’ai découvert les obstacles du quotidien, le regard porté par la société et le manque de solution réellement adaptées pour favoriser une inclusion pleine et entière afin que tout le monde puisse trouver sa place quelles que soient ses différences”

Quand les rôles s’inversent

Plusieurs années plus tard, les travaux de la maison de Maëva la conduisent à vivre de nouveau sous le même toit que mamie Pierrette. Une situation qui réveille beaucoup de souvenirs. Cette fois pourtant, quelque chose a changé.

“Les années ont passé et les rôles se sont peu à peu inversés”

Celle qui préparait les repas, veillait sur sa petite fille et l’accompagnait dans les petits gestes du quotidien a désormais besoin qu’on prenne soin d’elle à son tour. Une évolution parfois difficile à accepter pour Pierrette, mais qui leur a offert un cadeau précieux : celui de partager à nouveau un morceau de vie ensemble.

Un week-end pour se retrouver

Lorsque Maëva cherche une idée de cadeau pour Noël et les anniversaires de sa mamie et sa petite sœur Marion, elle choisit d’offrir ce qu’elle préfère : du temps partagé.

“J’ai saisi l’occasion pour leur offrir ce séjour aux Bobos à la ferme”, affirme Maëva.

Direction le gîte Nina pour un week-end en famille ! Parmi les souvenirs qui restent, il y a l’apéritif du vendredi soir où Pierrette se met à danser et rire avec Marion. Il y a aussi cette séance Snoezelen dont tout le monde se souvient encore.

“Alors même que depuis plusieurs années, mamie n’arrive plus à faire de sieste, les objectifs de lâcher-prise et de détente ont été largement atteints”.

Un lieu où l’on retrouve la paix de l’esprit

Aujourd’hui, Pierrette participe également aux journées au jardin organisées aux Bobos à la ferme avec le club de la mémoire de l’Association Française Alzheimer.

“Ces moments me permettent surtout de ne pas me sentir seule, de maintenir une vie sociale active et de continuer à vivre de bons instants”

Quant aux Bobos à la ferme, Pierrette le décrit avec des mots simples mais puissant : “C’est un lieu où l’on retrouve la paix de l’esprit, loin d’un monde parfois agité et perturbé. Un espace où l’on peut souffler, se recentrer et vivre des moments simples”.

Une définition qui résume finalement assez bien l’histoire qu’elle partage avec sa petite fille : celle d’un lien construit autour du soin, de la présence à l’autre et du temps passé ensemble.

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