Il y a des numéros qui semblent se construire autour d’un mot, sans qu’on l’ait vraiment décidé.
Pour ce troisième numéro de Bome, ce mot pourrait être : mouvement. Et ça nous va bien.
Mouvement des roues, d’abord. Celles des Josettes, qui ont permis à Gina et Marceau d’être aux premières loges du Marathon de la Mer, et à des personnes privées de mobilité de retrouver la vitesse, le plein air, les sensations rares que procure une sortie partagée. Nous avons une pensée pour José, Sandrine et leurs enfants, sans qui cette belle idée n’aurait pas la même histoire.
Mouvement des lieux, aussi, avec les marais de La Madelaine-sous-Montreuil transformés en Marais en fête : un événement local, inclusif et solidaire, pensé pour que chacun puisse prendre part à la balade.
Mouvement plus intime, ensuite, celui des familles qui arrivent souvent épuisées, encombrées de démarches, d’inquiétudes et d’un poids trop lourd, puis qui repartent avec autre chose dans le cœur. Pas toujours du repos au sens classique du terme. Parfois mieux : une respiration, une rencontre, un souvenir partagé, la sensation d’avoir de nouveau fait famille autrement.
Mouvement des liens, surtout, dont il sera beaucoup question dans ce numéro.
Les liens qui se tissent à la Maison des parents aidants, où Aubin et Marjorie, parents d’Inès, rappellent combien il est précieux de parler à quelqu’un qui sait de l’intérieur, sans distance ni hiérarchie.
Les liens qui traversent les générations aussi. Avec Maëva, Pierrette et Marion, on découvre une histoire familiale où prendre soin se transmet, se transforme, s’inverse parfois, mais reste toujours une manière de se tenir proches les uns des autres.
Les liens que l’on retrouve dans les mots laissés par nos hôtes. Des mots simples, qui disent beaucoup : les vacances, la confiance, la mer, les relayeuses, la magie d’un lieu où l’on se sent accueilli sans avoir à se justifier.
Il sera aussi question de celles et ceux qui nous inspirent. Valérie, de La Halte d’Autrefois, et son courage pour reconstruire après l’incendie. Christian, voisin passionné d’histoire, qui entraîne l’équipe sur les chemins de Montreuil-sur-Mer. Cécile, qui a imaginé avec Tribee une façon simple de transformer les cagnottes du quotidien en soutien concret pour les associations.
Ce sont souvent de petites choses, et pourtant elles déplacent beaucoup. Elles déplacent les regards sur la vulnérabilité, sur le répit, sur ce que veut dire accueillir vraiment. Elles déplacent aussi notre propre quotidien, à nous qui vivons ou travaillons ici. Car ce lieu nous transforme autant qu’il accueille. Il remet du sens dans les gestes simples, de la profondeur dans les journées ordinaires, et de la joie là où l’on pourrait croire qu’il n’y a plus que de l’organisation.
Bome existe pour raconter cela. Non pas des histoires parfaites, mais des histoires vivantes. Des récits où l’on voit que le répit ne se résume pas à s’arrêter. Parfois, le répit, c’est au contraire pouvoir repartir. Reprendre part. Retrouver une place dans le mouvement du monde. À l’heure où nous revenons de la Soirée Lalala et de La Course des Héros, on peut aussi affirmer que le répit, c’est peut-être, ensemble, se créer un monde qui fait du bien.
Merci à celles et ceux qui nous confient leurs mots, leurs photos, leurs idées, leurs élans. Merci aux familles, aux professionnels, aux bénévoles, aux partenaires, aux voisins de passage et aux amis fidèles. Chacun, à sa façon, contribue à faire avancer ce drôle de village.
Bonne lecture, et bel été à toutes et tous.
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